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Interview de Vianney Halter

17 décembre 2013

 POUR HORLOGERIE-SUISSE.COM

Riche de ces expériences, Vianney Halter fonde en 1994 à Sainte-Croix la 

Manufacture JANVIER SA dont il choisit le nom comme un hommage à l’un des horlogers les plus ingénieux de l’histoire : Antide Janvier (1751-1835).

Les Montres Vianney Halter sont nées en 1998 , pendant le Salon International d’Horlogerie et de Joaillerie de Bâle , à l’occasion de la présentation d’une montre étrange baptisée Antiqua dont le style évoquait irrésistiblement ce qu’on pourrait imaginer être un "vestige du futur". 
Vianney Halter présentait cette pièce dans le cadre de sa candidature à l’Académie Horlogère des Créateurs Indépendants (AHCI) parrainée par Philippe Dufour. 

Quand vous étiez enfant, dans quel métier vous rêviez-vous ?

Je n’ai pas de souvenir précis d’un métier que je voulais exercer, mais certainement j’étais influencé par les images de mon père, conducteur de train à la SNCF, s’activant sur sa machine à vapeur, scrutant les instruments et ajustant en permanence les réglages.

Il ramenait sans cesse à la maison des pièces de machines réformées, des moteurs, des manomètres, simplement parfois de simples bouts de métal qui « pouvaient toujours servir ». 
Avec mes frères, nous avons été baignés dans une ambiance de bricolage technique permanent, dans une culture mécanique selon laquelle la matière pouvait être soumise, maîtrisée et mise au service de l’homme.

Comment entre-t-on en horlogerie ?

Il y a plusieurs façons d’entrer en horlogerie. Certains y entrent par hasard, d’autres par opportunité, par tradition familiale … Dans mon cas, il s’est agi d’un vrai choix qui m’a été offert quand j’avais 14 ans.

Etant plutôt en rébellion avec le système scolaire, on m’a vivement conseillé de renoncer à des études générales académiques et d’opter pour une orientation vers une filière professionnelle. Je devais donc choisir une voie et parmi celles qu’on me proposait, l’horlogerie m’est apparue comme celle me permettant de concilier ma passion pour la mécanique et mon caractère individualiste.

J’ai découvert que ce qui avait été jusque là mon univers de jeu pouvait être un métier. Je me suis donc inscrit à l’Ecole Horlogère de Paris.

Difficile, les années d’apprentissage ? Y a-t-il eu des moments de doutes ? Avez-vous eu envie d’arrêter ? Pourquoiavez-vous continué ?

Le rythme de vie était difficile car l’école était loin de chez moi, ne disposait pas d’un internat et j’avais plus de quatre heures de transport quotidien. Je me levais donc à 5 heures du matin pour être de retour vers 8-9 heures le soir. 
J’ai fait cela pendant les 3 ans que durait la formation et je me suis juré de toujours habiter près de mon lieu de travail.

Il y a sûrement eu des moments de doutes mais je n’ai jamais eu envie d’arrêter car je savais que ces contraintes étaient pour une période limitée dans le temps et que j’étais dans la voie qui me convenait.

Avec le recul, quel conseil donneriez-vous aux jeunes apprentis horloger aujourd’hui ?

Tout dépend de leur motivation profonde, de ce qu’ils sont venus chercher dans ce métier. Ne soyons pas angéliques, certains jeunes (ou moins jeunes) viennent à ce métier simplement car ils (ou plutôt leurs parents) habitent près d’une école horlogère. D’autres s’y reconvertissent après avoir connu le chômage dans leur métier initial car l’industrie horlogère offre des perspectives professionnelles de plein-emploi.

Il n’y a pas que des émules de Louis-Abraham Breguet !

Par ailleurs, comme dans tous domaines, certains ont des facilités innées, d’autres ne réussissent à se hisser à un certain niveau que par beaucoup de travail, d’autres enfin ne seront jamais bons car ils sont nés avec deux bras gauches et uniquement des pouces en guise de doigts.

La demande en main d’oeuvre étant ce qu’elle est, tous (ou presque) seront diplômés, mais ils ne peuvent aspirer tous, ni au même niveau d’excellence, ni aux mêmes opportunités de travail sur de belles pièces horlogères.

Quelle était la question ?

Un conseil aux jeunes apprentis horlogers.

Je vais en donner 3 :

  • Prendre le maximum de profit de l’apprentissage de la théorie de l’horlogerie et de son histoire
  • Travailler la matière à l’établi, à la main. Le geste juste ne s’apprend pas, il s’exerce.
  • Etre patient, humble et endurant

Les côtés passionnants et rébarbatifs de votre métier ?

Il y a dans toute activité, à mon avis, 20% de choses passionnantes qui font oublier les 80 % de routines rébarbatives.

La passion c’est une nouvelle complication à concevoir et à faire naître, c’est un employé qui progresse dans l’excellence, c’est un client qui comprend après avoir visité la Manufacture la valeur de la pièce qu’il a payée si cher, ….

Le côté rébarbatif, c’est des séries de pièces qui n’en finissent plus, c’est de l’administration à gérer, c’est un client à qui il faut expliquer un délai de livraison qui s’allonge, des employés ou des sous-traitants qui ne comprennent pas le niveau de qualité que nous exigeons……

Tous les jeunes horlogers rêvent de travailler sur les « complications ». Est-ce judicieux de s’y lancer le plus vite possible, ou faut-il parfaire ses armes sur des calibres de base avant ?

Tous les étudiants en marketing rêvent de rentrer chez Louis Vuitton, ceux de mécanique se verraient bien chez Ferrari et la plupart commencent chez Procter & Gamble ou chez Peugeot (deux entreprises au demeurant fort respectables).

A mon avis, (cf conseil nr 2), il est plus judicieux de commencer d’abord par la fabrication des pièces de base d’un mouvement : le travail de la matière, à la main, pour la pratique.
Je vous assure que, quand on a poli 200 têtes de vis à la main, quand on a passé 20 heures à angler un pont, quand on a refait 4 ou 5 fois ses Côtes de Genève sur une platine, on fait très attention à ce qu’on fait quand on travaille sur le mouvement complet.

En complément, rien de tel que la réparation et la restauration de pièces anciennes, pour acquérir la connaissance des subtilités qui ne s’apprennent pas à l’école. 
On découvre, à travers le travail de nos aînés, des solutions techniques, des astuces rendues nécessaires par les limites de la technique de l’époque et des modes de fabrication tombés dans l’oubli …. et parfois très utiles quand on fait des complications

Il est important de ne pas se laisser aveugler par le côté glamour des complications : une des montres les plus sexy que je connaisse n’est-elle pas la Simplicity de Philippe Dufour (Heures, Minutes et Petite Seconde) ?


Simplicity de Philippe Dufour

Au vu des millions de calibres mécaniques produits par année, l’industrie horlogère suisse aurait besoin de environ 500 nouveaux horlogers par an. Or les écoles n’en forment que 50 à 60 ! Pourquoi d’aprèsvous, et comment faire pour susciter plus de vocations ?

L’industrie en général, et l’horlogerie en particulier, n’a que très rarement une vue long terme. Or il faut plusieurs années pour former un nouvel horloger.

Combien en faut-il pour former les formateurs ?
Qui est prêt à investir des dizaines ou centaines de millions qui seraient nécessaires pour augmenter à terme les capacités de formation.
Qui serait prêt à en supporter le coût financier et le coût social en cas de retournement de tendance ? L’industrie horlogère et même la Suisse toute entière gardent en mémoire la crise des années 70-80.

La gestion du risque et l’analyse de la rentabilité, qui est le moteur actuel de l’industrie horlogère, n’incite pas à une vision long terme nécessaire pour restaurer et pérenniser une filière de formation.
Ce que nous voyons aujourd’hui au contraire, c’est une pression sur les organismes de formation afin de raccourcir les cycles de formation et d’avoir plus rapidement une main d’œuvre disponible. Ceci se fait, à mon avis au détriment de la qualité de la formation.

Je pense qu’une des solutions serait une plus forte implication de l’industrie horlogère suisse dans les écoles d’horlogerie à l’étranger avec une plus grande ouverture de la Suisse en termes de permis de travail. Il m’a fallu plus d’une année pour pouvoir embaucher une horlogère japonaise formée au WOSTEP, alors que je vend dans ce pays plus de 25 % de mes pièces !

Horloger et constructeur horloger, comment passe-t-on de l’un à l’autre ?

Je pense qu’on passe assez facilement d’horloger à constructeur horloger si on a comme obsession constante l’amélioration et la recherche de la solution technique la plus élégante.

On commence d’abord par créer une montre en utilisant un mouvement standard. Puis on le modifie pour créer une complication. On change un pont, un jeu d’engrenages et …. c’est le fatal engrenage qui vous amène à concevoir et réaliser un mouvement complet.

Dans cette démarche, on est très aidés par l’attitude des constructeurs de mouvements qui, n’ayant pas vocation à faire des moutons à cinq pattes, vous regardent bizarrement quand vous demandez des exécutions spéciales de certains éléments.

Pour la Trio, par exemple, l’élégance nous commandait de créer, pour une montre de forme, un mouvement de forme et non pas de prendre un mouvement rond et de l‘intégrer dans un abominable cercle d’emboîtage.

Pour son système de Grande Date, nous aurions pu nous contenter d’installer un poussoir supplémentaire de mise à la date et de prévenir nos clients que la montre ne doit pas être mise à l’heure entre 11:00 pm et 3 :00 am sous peine d’endommager le mécanisme.
J’ai préféré imaginer un système de mise à la date rapide par la couronne qui rend le réglage de l’heure mécaniquement indépendant du réglage de la date : passer minuit en réglant votre montre ne fait pas passer la date au lendemain.

Pour cette seule fonction, il y a plus de 50 pièces en jeu que nous avons toutes dessinées et produites à La Manufacture.

Quand on en arrive là, le pas à franchir pour un mouvement complètement nouveau n’est plus si grand.

On se réveille un matin, et on est horloger constructeur ;-) !

Etre horloger et manager de société en même temps, est-ce compatible ? Quelles sont les plus grandes difficultés ?

C’est compatible, mais il faut, d’une part, être  bien entouré et, d’autre part, régulièrement vérifier qu’on ne s’est pas écarté du projet fondateur de l’Entreprise : il y a un risque permanent que le business prenne le pas sur l’objectif de vie.

Sinon, les difficultés sont celles de toute petite entreprise : manque de trésorerie et difficulté à être crédible vis-à-vis de ces partenaires industriels.

Qu’est-ce qui vous a fait monter votre propre marque ?

Construire sous sa propre marque permet de s’affranchir des contraintes d’une production pour un commanditaire.
Aucune marque n’aurait lancé en 1998, une montre ressemblant à l’Antiqua.
Avoir sa propre marque, au delà de l’ego, donne une grande indépendance de création.

Un de vos plus beaux souvenirs horlogers de ces dernières années ?

Une plus belles émotions horlogères que j’ai pu ressentir ces dernières années m’a été donnée lors de la visite de l’exposition organisée par la Galerie KUGEL  rue du Fbg du Saint Honoré à Paris réunissant une extraordinaire collection de « sphères célestes », dont une pièce hellénistique absolument remarquable par sa beauté et sa rareté ainsi qu’une « horloge à planisphère et sphères mouvantes », et chef d’œuvre d’Antide Janvier qui n’avait plus été présentée depuis 1802.

Il y a 10 ans quand vous avez dévoilé l’Antiqua, pas grand monde n’a compris et peu ont apprécié. Aujourd’hui l’Antiqua fait figure de référence, voir même de « chaînon manquant », dans le monde des amateurs de haute horlogerie alternative. 
Cette pièce est probablement la première création qui ait ouvert la porte à des Freak, Richard Mille, Urwerk, Hautlence et autres Opus : comment avez-vous vécu ces 10 années de transformation de notre métier ?

C’est une période formidable. 
L’engouement pour la Haute Horlogerie n’est pas né avec l’Antiqua, mais j’ai été un des premiers à en bénéficier avant d’y contribuer à mon tour avec mes créations.

Le mouvement s’est fait dans deux directions complémentaires : la création de pièces témoignant les nouveaux points de vue sur l’horlogerie de la part de nouvelles marques et, d’autre part, l’élévation dans l’excellence de fabrication pour des marques plus anciennes gardant une création traditionnelle.

Tout cela est bon pour l’horlogerie. On pourrait craindre qu’un essoufflement de la création et une lassitude de la clientèle ne détourne cette dernière de ces pièces un peu spéciales, mais je crois que, si cela arrivait, cela ne toucherait que les réalisations les moins créatives, celles qui se contenteraient de surfer opportunément et sans grand talent sur cette tendance des « freaks ».

Vous êtes un des rares horlogers capable de fabriquer une montre de très haute horlogerie de A à Z. 
Le revendiquez-vous et qu’est ce que cela apporte au client final ?

Avec mes confrères qui partagent cette même vision et ces mêmes capacités, nous revendiquons et tentons de faire la promotion de notre approche de l’horlogerie. 
Nous sommes persuadés que le client final a lui aussi bénéficié de ces 10 dernières années pour se forger un esprit critique et éclairé sur notre métier et nos produits. 
Tous nos efforts sont consacrés à ce que nos produits tendent vers une conception mécanique pure et une réalisation d’excellence. 
Nous avons la conviction que nos clients ont la même attente pour les produits qu’ils acquièrent.

Question Forum :
Si vous deviez élargir ta gamme dans l’avenir, quelle complication vous donne vraiment envie ?

Le processus de création d’une nouvelle montre Vianney Halter ne consiste pas à choisir une complication et à bâtir une montre autour. 
Il s’agit plutôt de partir d’un concept ou d’un univers de référence et d’en imaginer sa traduction dans le monde de l’horlogerie. 
Je travaille alors en collaboration avec des designers dont l’apport consiste à extraire, cultiver, exprimer, distiller et formaliser les idées et les concepts que j’ai dans la tête.

C’est un vrai travail en commun dont le but est de définir un point de vue, un parti pris sur un sujet afin d’en rendre dans une montre une vision cohérente et chargé de sens. 
Par exemple, dans notre dernière création, la Classic Janvier Lune et Soleil, il s’agissait de rendre hommage à Antide Janvier, génial horloger français (1751-1835), à mon équipe de la Manufacture Janvier et de marquer l’évènement de l’arrêt de la production de la Classic par une pièce exceptionnelle.

Nous avons donc revisité la Classic en nous imprégnant de l’histoire et de l’œuvre d’Antide Janvier. Surnommé l’horloger des étoiles, ce dernier a conçu de nombreux planétaires et horloges astronomiques. 
Il nous a apparu évident d’intégrer alors des complications astronomiques : le Cycle de la Lune et l’Equation du Temps que nous avons mis en scène d’une manière peu courante, en nous inspirant d’une horloge fabriquée par A. Janvier pour le roi Louis XVI (photo ci-dessus). 
Je pense que cette approche de la création donne à nos produits une force et une cohérence durables.

De la même manière, je réfléchi actuellement à une nouvelle façon de mettre en scène l’affichage d’un deuxième fuseau horaire.

Question Forum : 
Dans quel domaine rencontrez-vous le plus de difficulté dans votre métier ? Habillage ou mouvement ? Et pourquoi ?

Nous apportons le même soin et la même méticulosité à l’habillage et au mouvement de nos montres, que ce soit en matière de conception ou de réalisation. 
La différence réside principalement dans le fait que le mouvement, une fois parfaitement fini et emboîté, est protégé par le boîtier. Il ne craint alors que les chocs violents tandis que l’habillage est soumis aux vicissitudes de la vie quotidienne. 
Quand une montre nous revient pour un service, il est parfois frustrant de constater les rayures et les traces de chocs sur une boîte qui nous a demandé des dizaines d’heures de soin et on peut se demander même si le client est pleinement conscient du degré de qualité du produit qu’il a acheté. 
Cela dit, nos clients sont parfois très attachés à ces signes d’usage de leur montre dont la somme constitue la patine de « leur » garde-temps.

Question Forum : 
Certains trouvent que vous avez un style très contemporain, d’autres très « Jules Vernien », comment le décrireriez-vous et comment jugez-vous la « durabilité » du style Vianney Halter ?

Les Montres Vianney Halter se répartissent en 2 collections : Futur Antérieur et Halter Tempus. 
Futur Antérieur, qui réunit Antiqua, Classic et Trio, est assez « Jules Vernienne » ou « Steampunk » : c’est une vision du futur qu’on aurait pu en avoir nos arrière-grands-parents à cette époque où on avait foi en la technique et dans les bienfaits qu’elle ne manquerait pas d’apporter à l’humanité.

Ne voulant pas m’enfermer dans ce style, j’ai ouvert la ligne Halter Tempus à laquelle appartient la Contemporaine et dont relèvent également des pièces que j’ai fait pour d’autres marques. 
La caractéristique commune de ces deux lignes est de ne s’inscrire dans aucune tendance, ni aucune mode. 
Elles sont, à mon avis, indémodables car elles n’ont simplement jamais été à la mode ! Il est même difficile de les situer dans le temps et je pourrais lancer aujourd’hui l’Antiqua aussi bien que je le fis en 1998. 
Je pense, que dans le regard de mes clients, ce caractère hors mode constitue un avantage, un gage de pérennité.

Quel regard portez-vous sur l'industrie horlogère aujourd'hui ?

Ma perception est que l’horlogerie est, depuis longtemps, essentiellement une industrie, issue, comme d’autres industries, d’un artisanat qui fut poussé par quelques uns au cours des siècles passées au rang de métier d’art. 
Dans ce secteur d’activité, de grandes firmes animent, avec talent, des usines qui produisent de grandes quantités de produits de qualités diverses, qui correspondent à différents besoins et à différents marchés.

L’industrie horlogère d’aujourd’hui est caractérisée par son dynamisme, dopé certainement par la concurrence entre les marques. 
Elle est paradoxalement marquée par une certaine frilosité créative liée aux enjeux économiques et qui se traduit par une quantité phénoménale de « me too products » tout en étant capable d’une grande capacité d’innovation.

Malgré cette évolution vers l’industrie, il reste des entreprises qui gardent fortement prégnant le caractère artisanal du métier et il demeure une image « artistique » de l’horloger. 
Le tout étant plutôt enthousiasmant.

Comment voyez-vous votre marque au sein de cette industrie horlogère ?

Volontairement décalée.

Non pas que j’estime déshonorante l’approche industrielle, mais plutôt parce que mon parcours dans ce métier a commencé de manière modeste et m’a amené, opportunité après opportunité, à la place que j’occupe aujourd’hui et qui me convient. 
Nous produisons un nombre très limité de montres par an, quelques dizaines pour la marque Vianney Halter, un peu plus si on inclut la marque HTO Watches.

Nous n’avons pas vocation à augmenter beaucoup ces chiffres, car grand alors serait le risque de nous éloigner des valeurs fondatrices de la Manufacture Janvier.

Il y a un intérêt grandissant pour les horlogers indépendants et de plus en plus d'horlogers lancent leurs marques. Comment voyez-vous cette évolution ?

Je crois que cette évolution vient de la concomitance de deux phénomènes : d’une part les clients, de plus en plus connaisseurs et informés, ne se contentent plus de « mee too products » et, d’autre part, une nouvelle génération d’horlogers arrive à maturité après leur formation et leurs premières années d’expériences.

Lassés, les uns et les autres, par la frilosité créative parfois ambiante dans les grandes marques, ils créent leurs propres voies. 
Cela dit, je crains que les tickets d’entrée dans ce domaine soient de plus en plus chers et que les nouveaux entrants aient beaucoup plus de difficultés matérielles à nourrir leur développement que j’en ai moi-même rencontrées à mes débuts.

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