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Le temps à la ville et à la campagne, d’hier à demain

26 mars 2010

Il y a près de 6000 ans, les Égyptiens créent un premier système de division du temps en 12 mois de 30 jours. Puis, vers 1500 avant notre ère, toujours en Égypte, le temps d’une journée est divisé en douze parties égales à l’aide de l’ombre portée sur le sol par un gnomon (cadran solaire). Cette mesure est rapidement remplacée par une horloge à eau, appelée clepsydre par les Grecs.

Il faut attendre le 15ème siècle pour voir apparaître les premières montres portatives. Avec la découverte du balancier spiral à la fin du 17ème siècle, la course à la précision est lancée et les inventions de cette époque donnent naissance aux principes des mécanismes horlogers encore en usage de nos jours. Enfin, le 20ème siècle voit l’émergence de nouveaux principes de mesure du temps, comme la montre à quartz et les horloges atomiques.

Les villes et les campagnes de notre pays sont depuis les origines de l’horlogerie le théâtre de ce développement. Avec l’implantation de manufactures de l’industrie de l’horlogerie, la campagne de La Vallée de Joux, de La Chaux-de-Fond et du Locle s’est métamorphosée en un paysage industriel unique.

Aujourd’hui, pour leur urbanisme horloger, les villes de La Chaux-de-Fond et Le Locle sont inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco.
Dans la Cité de Genève, l’horlogerie est présente depuis le 17ème siècle et tous les grands groupes haut-de-gamme sont aujourd’hui installés à Genève.

En plus du Poinçon de Genève, gage d’une authenticité et d’une qualité de bienfacture du mouvement horloger, la fameuse horloge fleurie située en bordure du Jardin Anglais symbolise l’excellence d’une industrie mondialement connue.

 

La montre mécanique est ainsi devenue un attribut de prestige et un objet témoin d’un savoir-faire ancestral : posséder l’heure n’est plus un privilège mais posséder une montre prestigieuse demeure un luxe !

L’horlogerie traditionnelle et l’étude de mécanismes toujours plus sophistiqués sont toujours développées dans nos écoles. Et les idées d’innovations ne manquent pas.
L’étude d’un mouvement mécanique de grande dimension pour l’horloge fleurie, ou encore - pour illustrer le dicton « le temps c’est de l’argent » - la construction d’une horloge mécanique fonctionnant grâce au poids des pièces de monnaies (permettant la lecture et le rythme du temps qui passe par un cheminement et une éjection de 5 cts par minute par exemple) pourraient être l’une de celles-ci.

clocherNous pourrions aussi imaginer et développer de nouveaux concepts de lecture du temps utilisant des technologies plus modernes. L’affichage de l’heure pourrait être virtuel, en projection sur le jet d’eau, ou sa lecture en transparence au fond du lac (visible depuis le ciel)… On pourrait par ailleurs imaginer une « montre métaphysique ? » qui ne donne pas le temps (passé ou restant), mais uniquement la tâche dévolue à l’instant. Ce garde temps fonctionnerait un peu comme un agenda doué d’une intelligence électronique dans lequel des tâches pourraient être inscrites en s’adaptant à notre mode de vie, nos habitudes, notre rythme personnel.

Serait-ce une voie pour se retrouver dans un espace et un temps souvent ressentis comme trop étroits et contraignants ? Mais le son du clocher nous rappelle plus simplement que nos utopies qu’il est l’heure de prendre du bon temps…

Par Vincent Beux, professeur à hepia

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