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L'Astrotourbillon de Cartier

29 décembre 2010

Si ces dix dernières années, le tourbillon a connu une renaissance tant technique qu’esthétique, son objectif initial selon Abraham Louis Breguet, qui breveta l’invention en 1801, était double : créer une erreur de marche moyenne pour toutes les positions verticales (une montre est traditionnellement ajustée dans quatre positions : couronne vers le haut, vers le bas, à droite et à gauche) et garantir une distribution homogène des lubrifiants (ce deuxième point avancé par Breguet dans le brevet original est généralement mis au second plan dans les descriptions du tourbillon).

Il est souvent dit que le tourbillon élimine les effets de la gravité dans les positions verticales, ce qui est inexact : par ses rotations, le tourbillon assure que les composants de l'échappement dont la marche est sensible aux changements de position ne restent pas trop longtemps dans une même position. Le tourbillon crée ainsi une erreur de marche moyenne unique dans les positions verticales, ce qui est censé simplifier la tâche de l'ajustement, l’horloger n’ayant qu’à régler les positions à plat en fonction de la marche moyenne unique observée dans les positions verticales ; la montre doit ainsi conserver une meilleure régularité de marche qu’une montre à ancre traditionnelle.

Le tourbillon ne peut toutefois tenir ses promesses que s’il est lui-même parfaitement conçu et minutieusement réglé. Un tourbillon de conception ou de fabrication médiocre se comportera comme toute montre imprécise : le caractère approximatif de sa construction rendra sa marche si instable que la création d’une erreur de marche moyenne dans les positions verticales ne pourra pas, en soi, garantir sa bonne performance chronométrique.

Le tourbillon utilise davantage d'énergie qu'une montre à ancre traditionnelle car le spiral doit non seulement alimenter l'échappement, mais également fournir la force motrice nécessaire à la rotation de la cage du tourbillon et aux composants de l’échappement qu’elle renferme. La cage et les composants de l’échappement doivent donc être le plus légers possible afin d’assurer une distribution optimale de l’énergie. Sachant qu’il ne suffit pas d'augmenter arbitrairement la puissance du spiral, puisque cela ne ferait qu’accroître les frottements ainsi que la sollicitation des pivots, et donc entraîner une usure générale de la montre.

Le mouvement Astrotourbillon de Cartier a été pour la première fois présenté au SIHH 2010 et il propose un tourbillon dans lequel le balancier effectue un tour en une minute sur le périmètre du cadran, comme suspendu dans l’espace situé entre le chemin des minutes, positionné sur le pourtour du cadran, et le centre du cadran. Le grand balancier est logé dans une cage et son pont supérieur, dessiné en forme de flèche, fait office d’aiguille des secondes.

L’axe de rotation du tourbillon se situe au centre du mouvement et, comme dans un tourbillon traditionnel, la cage est entraînée par la roue de moyenne tandis que le pignon de la roue d’échappement engrène avec une roue de seconde fixe. Comme dans un tourbillon classique, c’est le transfert de l’énergie créée par la rotation de la cage au pignon de la roue d’échappement par l’intermédiaire des dents de la roue de seconde fixe qui anime le balancier. Mais, contrairement aux tourbillons traditionnels, la cage n’est pas située sur le même plan que le mouvement mais surélevée par rapport au reste de la platine et positionnée entre les cadrans inférieur et supérieur.

Le mouvement du calibre 9451 est également équipé de deux barillets qui offrent une plus grande force; les barillets du mouvement disposent ainsi d’un avantage mécanique pour la fourniture d’énergie à l’échappement. La cage est quant à elle équilibrée tant dans sa longueur que dans sa largeur.

L’ensemble de la cage est monté sur des roulements à billes en céramique qui ne requièrent aucune lubrification et permettent de donner au pivot de la cage une taille suffisante pour garantir une stabilité optimale et une sécurité extrême contre les effets des chocs mécaniques.
La cage fut donc entièrement conçue en titane afin d’assurer la plus grande légèreté possible (à l’exception de contrepoids en platine positionnés de l’autre côté du balancier et dissimulés sous le cadran supérieur).

Pour qu’une montre puisse être dite résistante aux chocs, elle doit respecter une norme internationale, la norme ISO 1413, qui impose qu’elle puisse supporter un choc correspondant à une chute d'un mètre sur un sol dur. La décélération produit une force plus ou moins instantanée d'environ 3000 g, l’Astrotourbillon peut supporter des chocs jusqu’à 5000 g.

Cette année, Cartier lance le Calibre de Cartier Astrotourbillon avec boîtier en titane

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