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Interview de Denis Asch de la boutique "l'Heure Asch"

17 décembre 2013

Après un cursus universitaire dans les mathématiques, Denis Asch, s’offre une formation à l’école d’horlogerie de Porrentruy. Après quelques années de pratique dans le SAV, il ouvre une boutique en 2001 à la rue de la cité à Genève.

 

MA RENCONTRE AVEC DENIS ASCH :

En tant qu’horloger, pourquoi avoir choisi de vendre des montres plutôt que d’en créer ? 
Créer une marque nécessite de solides contacts dans le milieu. Ayant acquis l’expérience nécessaire dans le SAV et la gestion de la clientèle, j’ai donc décidé d’ouvrir une boutique.

Travaillez-vous encore à l’établi et si oui pour quel genre de travaux ? 
Oui, je me mets encore à l’établi pour des travaux de réglage, de contrôle de marche et d’étanchéité. Je n’ai pas de stock de fournitures (aiguilles, pièces). De plus les marques préfèrent le retour de leurs pièces pour une question de garantie.

Est-ce les marques qui vous choisissent ? Ou est-ce vous qui choisissez les marques qui apparaîtront dans votre vitrine ? 
Les premières années, j’ai approché des noms que je connaissais (Eberhard, Chronoswiss, Preziuso ...), depuis 3 ou 4 ans les marques viennent à moi et j’ai ce privilège de pouvoir en refuser si la marque ne présente pas une légitimité historique/technique. 
Je cherche des marques qui sont avant-gardistes, qui créent et qui ne s’inspirent pas de ce que font les autres marques.

Quelle(s) marque(s) aimeriez-vous représenter que vous n’avez pas encore et pourquoi ? 
La mienne ou ……… à venir

Avez-vous un avis sur ces nombreuses marques qui se créent en ne faisant qu’ « habiller » des mouvements existants ? 
Je ne leur jette pas la pierre car il n’est pas évident de créer une nouvelle marque avec une légitimité et une crédibilité, l’histoire doit bien commencer un jour. 
Ces nouvelles montres doivent surtout donner l’heure de façon lisible et cohérente, la montre est un bijou masculin et se doit de briller de « l’intérieur »

 

Comment assure-t-on le SAV d’une clientèle internationale depuis la rue de la Cité ? 
C’est une des questions qui revient régulièrement de la part de nos acheteurs étrangers. 
Le SAV fait partie intégrante de notre service. Mais le plus souvent les marques préfèrent prendre en charge les manipulations, dans leurs ateliers propres. Nous intervenons surtout au niveau du suivi, nous assurons un lien continu entre les marques et le client, avec les moyens modernes actuels : mail, transitaires internationaux, téléphone.

Quel pourcentage de clients savent ce qu’ils veulent par rapport à ceux qui veulent un conseil ? 
75% savent ce qu’ils veulent et, sur ce pourcentage, 75% ont besoin de conseils techniques ou d’une description plus approfondie pour confirmer leur choix.

Quel est le niveau de connaissance horlogère des clients ? 
Le niveau est de plus en plus élevé et cela depuis 3 ou 4 ans, en fait depuis l’arrivée des sites et des forums horlogers ainsi que des revues horlogères. 
Le client en sait plus que nous sur un nouveau modèle qui vient de paraître sur le net, car lorsqu’une image est lâchée sur le réseau elle fait le tour du monde des sites spécialisés en un rien de temps.

 
 

 

Qu’est ce qui les attire chez vous ? 
L’horloger détaillant et le détaillant horloger et le fait que je sois un collectionneur depuis 30 ans. Tous ces points m’apportent une légitimité unique.

Le fait d’être horloger est-il un plus pour la vente ? 
Un gros plus car un « vendeur » ira plus vite à l’essentiel, c'est-à-dire à sa vente alors que moi je prendrai plus le temps d’expliquer la pièce, le mécanisme ou la philosophie de la marque. J’essaye de doser ces deux aspects avec mes clients.

Avez-vous une anecdote à nous raconter ? 
Pas d’anecdote mais plus des relations d’affaires qui se sont transformées en relations amicales. Avec à la clé des voyages extraordinaires lors de livraison à l’autre bout du monde. Ces amis n’hésitent pas à me faire des propositions de marques ou me donnent des conseils. Ce sont de belles histoires.

Par Eric Cosandey
Les photographies ont été prises à la boutique

 

Eric Cosandey

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