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Éditorial de 1876, trempe, extracteur de vis et école de Genève

16 décembre 2013

Éditorial numéro 1 et articles sur : un compte-rendu de l'École municipale de Genève (année scolaire 1875-76), sur un extracteur de vis cassée et sur un procédé de trempe.

Éditorial de juillet 1876, premier numéro

Première année.             No 1.     Juillet 1876.
JOURNAL SUISSE D'HORLOGERIE
PARAISSANT TOUS LES MOIS
SOMMAIRE : A NOS LECTEURS. - Des causes de variation dans le réglage des montres, par E. SORDET. - Des spiraux en or allié, par P. & H. - Échappement à cylindre (encoche du cylindre et forme à donner aux lèvres) , par E. GINDRAUX &
F.-A. JACOT. - Échappement à ancre de M. L. CHAMPOD. - Pendules auxiliaires de M. Hipp, directeur de la fabrique de télégraphes â Neuchâtel, par L. L. - Rapport sur le concours international du réglage des chronomètres, par M. le professeur PLANTAMOUR. - VARIÉTÉS. Etude sur les modifications à apporter à l'enseignement de l'horlogerie, par I. H. - CONCOURS. - ANNONCES.

A nos lecteurs

Avec ces lignes paraîtra le premier numéro du Journal suisse d'Horlogerie.

Nous n'avons pas à insister sur l'importance d'une publication de ce genre en Suisse. Le nombre infini de journaux spéciaux qui paraissent actuellement prouve assez le besoin que ressentent les gens du même métier de se grouper, de se faire part mutuellement de leurs observations, en un mot d'agir avec ensemble.
Ce besoin s'est fait si bien sentir chez nous, que déjà, à plusieurs reprises, la question de la création d'un journal horloger a été discutée et approfondie. Quelques essais pratiqués même en ont été faits, en particulier au Locle en 1858 et à Saint-Imier en 1865.
Ces publications, pour plusieurs causes qu'il serait oiseux de détailler ici, n'ont pas réussi.

En 1874, M. Jacot, professeur de mathématiques à Colombier, profitant d’expériences faites, reprit l'affaire en main et après l'avoir mûrement étudiée, écrivit au mois de Juillet de la même année un rapport dans lequel il posait les bases d'un journal destiné à représenter les intérêts de l'industrie horlogère. Cet appel, que M. Jacot a eu l'obligeance de nous communiquer, et auquel nous empruntons les détails qui précèdent, ne trouva, malgré les excellentes idées qu'il contenait, qu'un faible écho, et le projet fut de nouveau abandonné.
Enfin, au commencement de l'hiver dernier, M. le professeur Wartmann, président de la Classe d'industrie et de commerce, voyant la Section d'horlogerie, quoique encore bien jeune, prendre une vie et un élan inespérés, souleva de nouveau cette question en démontrant toute l'utilité, la nécessité même d'un organe particulier à l'horlogerie suisse.
La Section se mit immédiatement à l'œuvre, et son travail aboutit à la fondation du Journal suisse d'Horlogerie.

Examinons maintenant aussi brièvement que possible le rôle que ce journal est d'après nous appelé à remplir.
Notre industrie s'élevant de plus en plus dans le domaine de l'art et de la science, voit chaque jour surgir de nouveaux progrès. Ce qui était bon hier n'est plus que médiocre aujourd'hui,. sera peut-être oublié demain. Un grand nombre de nos horlogers suisses, c'est un hommage à leur rendre, prennent part à ce mouvement et cherchent à perfectionner. Mais si quelques-uns arrivent à un résultat, beaucoup, en revanche, ne rencontrent après bien des efforts que des déceptions; car malheureusement, dans cette course fiévreuse au nouveau et au mieux, la plupart ignorent ce qu'ont fait leurs prédécesseurs, ce que font leurs contemporains, et consacrent un temps précieux à la recherche d'utopies, dont un bon conseil, un renseignement venu à propos aurait pu leur montrer la vanité.
C'est qu'on ne demande pas conseil, on se cache. De deux pays, de deux cantons, et même bien souvent de deux districts voisins, l'un ignore ce que fait l'autre. Bien souvent aussi chacun d'eux croit être le seul coin de terre où l'on trouve des hommes remarquables, de vrais génies, et s'écrie dans un saint orgueil : Il n'y en a point comme nous.
Avec cela, tout est dit, mais rien n'est fait. Le progrès ne se réalise, en effet, que grâce au concours régulier et collectif de tous les esprits. Une machine ne peut fonctionner convenablement que quand tous les organes adaptés soigneusement les uns aux autres, reçoivent la même impulsion, transmettent la même force. Avez-vous un engrenage criard, un arbre qui fouette, l'appareil marchera peut-être encore, mais une quantité considérable de force sera perdue.
Habituons-nous donc à nous considérer, nous, horlogers suisses, comme les organes d'une seule et même machine, dont le produit final doit être le progrès de notre art. Voilà le but.

Nous ne voulons certes pas prétendre que notre journal soit le moyen unique et suffisant pour l'atteindre; mais il y contribuera, nous l'espérons, vigoureusement, en ouvrant aux diverses classes de fabricants et d'ouvriers une voie de communication, une bourse (qu'on nous pardonne cette comparaison) où pourront se négocier et s'échanger les idées, les conceptions qui se rattachent à l'horlogerie.
Par ces quelques mots, nos lecteurs comprendront que cette publication a été créée pour le bien et le profit de tous, qu'elle doit rendre des services au plus humble artisan comme à l'artiste et au savant.
Que ces derniers ne s'étonnent donc pas d'y trouver parfois des sujets qui leur paraîtront bien élémentaires, comme aussi l'ouvrier peu instruit ne devra pas se formaliser de quelques articles qui seront peut-être hors de sa portée. Dans ce cas, il devra se rappeler que la rédaction, fidèle à son programme, sera heureuse de donner des éclaircissements à ceux qui en demanderont.
Nous engageons même vivement tous ceux de nos lecteurs qui verront dans l'horlogerie quelques points qui méritent particulièrement d'être étudiés, à nous les signaler, et à nous adresser des questions que nous transmettrons pour les résoudre aux personnes compétentes,
Demandes et réponses concernant des sujets de quelque importance seront, sauf avis contraire, insérés dans nos colonnes.

Enfin, malgré tout le soin que nous mettrons à la bonne réussite de notre journal, il est clair que, comme toute oeuvre humaine, il ne sera pas irréprochable. Aussi faisons-nous, avant tout, appel à l'indulgence, comme à l'aide et aux bons conseils de tous nos lecteurs.

LE COMITÉ DE RÉDACTION.

NB. Le Comité de Rédaction ne prend la responsabilité que des articles signés par lui.

 



Écoles d'horlogerie

École municipale de Genève (année scolaire 1875-76)

Au 30 Juin 1876, l'école comptait 71 élèves, dont 8 suivaient la classe des échappements, 15 celle du finissage, 11 celle de la cadrature et des remontoirs, et 37 les quatre classes d'ébauches. Il y a eu, dans le courant de l'année, 33 entrées à peu près compensées par 32 sorties; sur les 33 nouveaux élèves, 19 sont Genevois, 6 Suisses d'autres cantons et 8 étrangers.

Parmi les 32 élèves sortis de l'école, 12 seulement ont passé par la classe d'échappements; 2 ont quitté à la classe de finissage, 1 à celle de cadrature et 16 dans les classes d'ébauches; ces derniers parce qu'en général ils se sont trouvés n'avoir pas assez de goût, d'aptitude ou de volonté pour remplir les exigences de leur apprentissage.

La discipline a été généralement satisfaisante, et les cours théoriques ont été suivis avec plus de fruits que par le passé.

Le rapport fait par le jury à l'occasion des concours constate que les résultats obtenus sont en général satisfaisants; mais il mentionne certaines lacunes déjà signalées en partie les années précédentes, telles que l'absence complète de jeux de pignons faits par la main des élèves, ainsi que d'assortiments et plantages d'échappements à cylindre; il y a en outre trop peu d'échappements plantés, ce qui provient en partie de ce que le temps fixé pour le concours est peut-être relativement trop court pour plusieurs élèves de cette classe.

La Commission signale comme regrettable la sortie trop hâtive de l'école pour la plupart clos élèves, et elle a résolu de prendre les mesures nécessaires pour modifier la marche à suivre, afin d'arriver à obtenir des apprentissages plus rapides et en même temps plus complets.
Les cours théoriques ont été donnés pendant 8 mois, à raison de 9heures1/2 par semaine pour chacune des 41 divisions. 
Les branches enseignées sont le français, l'arithmétique, la tenue de livres, la physique, la chimie, la mécanique, le dessin linéaire et de machines, l'algèbre, la trigonométrie, la cosmographie, l'astronomie et l'horlogerie théorique.

L'école d'horlogerie ne tardera plus beaucoup à être installée dans un bâtiment qui lui sera spécialement destiné et dont la construction, votée en Mai par le Conseil Municipal, sera poursuivie avec toute la célérité compatible avec une bonne exécution.


Extracteur de vis cassées

Tous les rhabilleurs ont éprouvé plus ou moins la difficulté de retirer des vis cassées; ils ont probablement chacun leur petit moyen pour se tirer d'embarras.
L'outil représenté par la fig. 3, planche IV, peut être construit à peu de frais, et il a toujours été efficace sur la vis la plus obstinée. Je puis en conséquence le recommander à vos lecteurs.
Le coude de l'outil doit être au moins d'une profondeur égale au diamètre d'une platine de mouvement, et fait très solidement, de façon à résister parfaitement à la pression des vis. 
Celles-ci doivent naturellement être faites en acier, avec pointes trempées. On doit avoir deux ou trois paires de ces vis avec pointes de grosseurs assorties.
Pour se servir de l'outil, il suffit de serrer celle des deux vis qui se trouve contre la pointe de la vis cassée, et une fois bien fixée, donner à tout l'outil un mouvement circulaire; la vis cassée sortira invariablement.
Ce principe pour extraire les vis a été appliqué au tour; mais je n'y vois pas d'avantage, car la dépense d'adaptation est au moins égale au prix de l'outil ci-dessus, et, en outre, beaucoup d'horlogers de province n'ont pas de tour assez grand pour permettre un mouvement circulaire complet, dans le cas où la vis cassée est au bord de la platine.
M. R. Whittaken écrit au sujet de cet outil « Je crois à son utilité, mais non pas dans tous les cas qui peuvent se présenter. Ainsi, pour une vis de pilier qui n'est percé que d'un côté, et, si une vis est rouillée ou grippée dans son trou.
Pour ces différents cas, enlevez toutes les pièces accessoires, chauffez et enduisez de cire jaune, en ayant soin que la cire ne s'introduise pas sur la vis cassée.
Préparez une solution de une partie d'acide sulfurique pour quatre parties d'eau ; laissez refroidir et plongez-y-la platine. En peu d'heures, l'acide aura dissous la vis. Cette opération faite pendant la nuit, n'occasionnera pas de perte de temps. 
Pour enlever la cire, chauffez dans l'huile d'olive, puis savonnez à l'eau chaude.
Je puis ajouter que lorsqu'une vis cassée ne serre pas, on peut quelquefois l'enlever, surtout si la cassure présente des aspérités, en y appliquant simplement l'autre partie de la vis et s'en servant comme d'un tournevis.
(Traduit du HOROLOGICAL JOURNAL).
NB. Une description d'un outil du même genre se trouve déjà dans la Revue chronométrique, année 1874. (Réd.).


Procédés d'atelier trempe

Les procédés de trempe sont nombreux, et beaucoup sont connus de tous les industriels; mais d'autres ne sont employés que dans quelques ateliers ou localités, et d'autres restent à l'état de secrets, soigneusement conservés par ceux qui ont le bonheur de les posséder. - Sans demander la publication de ces derniers, on peut cependant émettre le désir de voir toutes les personnes qui emploient quelque procédé spécial peu répandu et donnant de bons résultats, en généraliser l'emploi par la publication, dans l'intérêt de l'industrie.

Voici, par exemple, l'un de ces petits moyens, bien simple, employé déjà par beaucoup d'ouvriers; mais qui, par les bons résultats qu'il donne, mérite d'être recommandé à l'attention des jeunes horlogers. - Ceux-ci doivent toujours prendre note des divers procédés qui leur sont signalés, d'abord pour les essayer, afin de se rendre compte pratiquement des résultats qu'ils peuvent donner, ensuite pour choisir et employer dans chaque cas spécial ce qu'il y a de plus avantageux.

Pour les burins de burin fixe et autres outils de cette dimension, un verre d'eau est suffisant pour opérer la trempe. L'eau froide seule donne toujours une trempe dure, mais parfois trop cassante; l'huile seule donne une trempe douce, peu cassante, mais souvent d'une dureté insuffisante.
- En réunissant les deux liquides, c'est-à-dire en versant sur l'eau une couche d'huile d'environ dix à quinze millimètres de hauteur, on obtient une trempe qui réunit les qualités fournies par chacun des liquides.
- L'objet à tremper traversant d'abord la couche d'huile, reçoit la trempe douce; puis, en passant immédiatement dans l'eau, le refroidissement achève de s'opérer assez brusquement pour rendre la trempe dure. 
- Ce procédé a toujours donné de bons résultats.


Pas trop démodé l'éditorial et les deux articles "pratique", on en cause sur le forum !

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